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De nouvelles techniques de détection de l’autisme, par les yeux, en développement sur 3 continents

En Belgique, l’Université de Waterloo mène une étude pour caractériser la manière spécifique qu’ont les enfants avec TSA de regarder et observer les visages. D’après les différences observées entre les enfants avec TSA et les enfants neurotypiques, les chercheurs ont développé une technique permettant de reconnaître la façon dont le regard parcourt les détails d’un visage. Cette technique, couplée à d’autres méthodes d’évaluation, permettra de préciser le diagnostic et d’éviter les faux positifs. Elle pourra également ensuite, apprendre davantage aux chercheurs sur la manière dont les enfants regardent ce qui les entoure.

 Aux Etats-Unis, l’Université de Dartmouth a effectué des recherches basées sur des études concernant les processus cérébraux des personnes avec TSA lorsqu’elles regardent deux images de façon simultanée. Ces recherches avaient établi que les personnes avec TSA présentaient des résultats plus faibles lors d’une tâche de rivalité binoculaire,que dans la population neurotypique. La rivalité binoculaire apparait lorsque deux images différentes sont présentées dans le même champ visuel de la personnes et que chaque œil traite une image spécifique ; la perception alterne alors entre les deux images. La rivalité binoculaire permet d’observer l’attention et le traitement perceptif inconscient des stimuli ; les personnes avec TSA ont plus de difficulté à supprimer une image visuelle au profit d’une autre. Ce test visuel pourra être un marqueur non verbal des TSA ; les prochaines étapes étant de tester une population d’enfants pré-verbaux pour établir sa validité dans la détection des TSA.

En Australie, le chercheur Paul Constable de l’Université de Flinders travaille depuis une décennie à l’identification de biomarqueurs de l’autisme, facilement détectable dans les yeux. La rétine étant du tissu nerveux directement connecté au cerveau, il s’est intéressé aux modèles de signaux électriques dans celle-ci. Un outil de détection, non intrusif, continue d’être développé pour observer ces patterns électriques. Ceux des enfants neurotypiques sont différents de ceux des enfants avec TSA, ce qui s’explique par les différences lors du développement cérébral des enfants. Les prochains tests s’effectueront sur de très jeunes enfants pour permettre une détection et un diagnostic plus rapide.

Ces différentes méthodes nécessitent encore quelques années de développement et d’améliorations mais pourraient permettre un diagnostic plus rapide (dès 9mois) et plus sûrs. Les enfants pourraient alors bénéficier d’un accompagnement et d’interventions de professionnels plus tôt ; les parents pourront aussi bénéficier d’aides et de soutien plus rapidement.

Retrouvez le détail complet de ces études sur les sites :